A portraits tirés
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À 9 ans, il se cachait dans le bocage vitréen
Une dizaine d’enfants juifs ont été cachés par des familles du pays de Vitré, pendant la guerre. Michel Adass en fait partie. Il est revenu sur les traces de son passé il y a quelques mois à Vitré.
Ses cheveux sont blancs, mais de ses yeux, perce encore la malice d’un gamin. Michel Adass est juif et a été sauvé de la Déportation, en 1944, par une famille de Saint- Christophe-des-Bois, près de Vitré, alors qu’il n’avait même pas 10ans. Il y a quelques mois, lors de la cérémonie à la mémoire des déportés sans-sépulture à Vitré, il embrassait le petit-fils de celle qui l’a prise sous son aile, Jean Pihan. «C’est très émouvant de se retrouver comme ça. » En 1943, Michel a tout juste 8 ans quand une rafle emporte ses parents, à Paris. Avec ses trois frères et soeurs, il est conduit chez sa grand-mère, qui habite rue Quincampoix, la plus vieille rue de la ville. Malgré le drame, le quotidien reprend ses droits. Michel travaille aux halles, à pousser des diables de primeurs pour les commerçants. Un jour pourtant, la police le menace. Il doit s’enfuir. Le jeune garçon est alors conduit dans la maison Lamarck de l’Ugif (l’Union générale des Israélites de France) avec ses frères et soeurs. «On mangeait très mal. C’était un peu chacun pour soi. » Et puis un jour, en se levant, son petit frère a disparu. Personne ne lui dit où il est parti. Quelque temps plus tard, c’est au tour de ses deux soeurs de s’envoler sans explications. « J’étais totalement perdu et angoissé. » Ce n’est qu’en mai 1944 qu’il comprend.
« Une famille adoptive »
«Une dame est venue me chercher. Elle m’a prise avec elle et on a commencé un long voyage jusqu’en Bretagne. Je ne savais pas où nous allions et le voyage était épouvantable. Mais elle me disait : tu vas voir où je t’emmène tu auras du lait et du beurre. Je ne savais même plus ce que c’était. » Il arrive enfin à Vitré. Un homme à bord d’une carriole le transporte jusqu’à Saint-Christophe-des-Bois, où la famille Pihan le prend en charge. « Il y avait la mère et le fils. La maison n’avait qu’une pièce. Je dormais avec le fils, Ange, dans un grand lit breton. » La première chose qu’on lui apprend: faire le signe de croix. Il va au catéchisme. Il joue avec les voisines. Se rend à l’école au début, jusqu’aux alertes de rafle qui l’obligent à rester caché. Il ne va jamais en ville, à Vitré. Trop risqué. «On a fait les 400 coups dans la campagne avec les voisines… », se rappelle Michel Adass. Il retrouve aussi sa soeur, logée chez la boulangère du village. Son petit frère, lui, se trouve dans la Sarthe. Ils repartiront tous à Paris, après la guerre, commencer leur vie. Tous sauvés par ce réseau de résistance. «Aujourd’hui, je sais que je leur dois cette vie. » Le comité à la mémoire des sans sépulture a retrouvé la trace de plusieurs enfants cachés dans le bocage vitréen pendant la guerre. Il a même reçu trois témoignages venant d’Israël. La venue de Michel Adass était leur plus beau cadeau pour cette cérémonie, au cours de laquelle une urne contenant de la terre d’Auschwitz a été déposée au collège Gérard-de-Nerval. Lieu, où il y a maintenant plus de soixante ans, des familles juives vivaient dans des baraquements.
Hélène FILY.
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Une entreprise de Saint-Grégoire, à la périphérie de Rennes, presque uniquement composée de femmes, conseille et accompagne les professionnels dans la création de crèches d’entreprises.
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