A portraits tirés

Souriez…vous êtes visés

Archive pour Les Z’écolos

Les huîtres tracent leur route

Nettoyées et broyées, leurs coquilles sont transformées en peinture blanche. Un produit 100 % écolo.

PAR Hélène Fily

Les coquilles d’huîtres étalent leur science. Sur des centaines de kilomètres de bitume. Bandes d’arrêts d’urgence, passages piétons, marqueurs de stop… En Bretagne et en Ile-de-France notamment, les rebuts des tablées de Noël subissent désormais les caresses rugueuses des pneus. Avant de finir transformées en peinture blanche, les coquilles ont été nettoyées, broyées, recyclées. A Cléguer, au nord de Lorient (Morbihan), elles forment d’étranges monticules blanchâtres et éblouissants, en attente d’être traités. « Il était temps de faire quelque chose. » A la tête de l’entreprise, Martine Le Lu vocifère. Entre les dossiers qui jonchent le bureau, cette ancienne pharmacienne raconte la genèse de son idée il y a quatre ans. « J’étais frappée, en me promenant sur les côtes, de voir les amas de coquilles d’huîtres inexploités. C’était un gros problème pour la filière ostréicole. » Déchets de parcs, huîtres mortnées ou victimes de prédateurs naturels, elles sont quelques milliers de tonnes à pouvoir être le terreau d’une nouvelle production. Fournie par quatre ostréiculteurs morbihannais, cette matière première commence ainsi à être exploitée par la gérante et ses 8 salariés, déjà bien rodés à l’exercice. En effet, depuis la naissance de l’Usine de Kervellerin, dans les années 1960, l’entreprise fournit des engrais et des fertilisants naturels à l’agriculture biologique, notamment à partir d’algues. « Pour la coquille, c’était différent. Il fallait concevoir une machine spéciale pour la trier, la nettoyer et la broyer. » Elle l’invente avec son père, ancien gérant de la société et mécanicien. « L’investissement a été minime. On ne pouvait pas courir le risque de noyer l’entreprise avec la fabrication d’un produit qui n’avait pas encore de débouchés. »
Partenariat avec le groupe Bouygues
C’est alors que la chambre de commerce et d’industrie du Morbihan entre en scène et joue les entremetteuses. Martine Le Lu est présentée à Jean Lalo, président de l’entreprise Prosign, filiale du groupe Bouygues et spécialiste de l’écoconception dans l’Essonne, en région parisienne. Prosign est justement à la recherche d’une matière calcaire pour le marquage routier. « Nous voulions créer un produit 100 % renouvelable, rapporte le pédégé. Riche en calcium et en magnésium, l’huître remplace les agrégats des carrières jusqu’alors utilisés pour les produits thermoplastiques réfléchissants. Et des huiles et résines végétales se substituent aux huiles et résine de pétrole. » Le nouveau produit, écolabellisé NF-environnement et coiffé du nom d’Ostréa, est lancé fin 2006. « Il ne coûte pas plus cher et répond à la même certification que le précédent », assure Jean Lalo. Une annnée de commercialisation et le succès est déjà au rendez-vous. Des centaines de kilomètres de peinture « durable » courent désormais sur les routes de France. Le rythme de production devrait s’accélérer pour atteindre plusieurs milliers de tonnes. Martine Le Lu espère, à terme, dégager de ces coquilles broyées 40 % de son chiffre d’affaires (1,2 million d’euros) alors qu’elles ne représentent qu’une part modique aujourd’hui. Et cette quadra dynamique voit encore plus loin avec « d’autres applications possibles dans l’agroalimentaire, la cosmétique ou la pharmacie. »—
www.usinedekervellerin.fr

Article paru dans Terra Economica juin 2008

Un lapin super écolo en campagne

 Grüny est un habitué des campagnes. Celles qui l’ont vu naître, dans le bocage vitréen, près de Rennes. Et celles qui le mobilisent aujourd’hui, campagnes présidentielle et législative. Grüny, c’est un lapin plus vrai, plus grand que nature. Un géant au poil blanc totalement déluré. A prendre au troisième degré. La cape verte bien accrochée, il parcourt la région. Arbres abattus, zones polluées… Cet hurluberlu de la politique est sur tous les fronts. Il y a six mois, le «bunny » Pierrick Morin, conseiller Vert à la mairie de Vitré, a eu l’idée de le sortir de son terrier. Depuis, les Vitréens se sont habitués à le croiser en ville, dans sa «grünymobile » roulant au colza. Les militants Verts de toute la France ont fait sa connaissance au premier meeting de Dominique Voynet, le 26janvier à Nantes. Il paraît que ça a produit son petit effet. Un lapin écolo pour défendre la planète : le grotesque de l’idée est totalement assumé. Grüny enfonce le clou avec un blog où il retrace toutes ses aventures. Il y propose déjà des produits dérivés, des fonds d’écran… Un fan-club est en train de naître, les Zami’s de Grüny. Son leitmotiv : « faire de la politique sérieusement, mais sans se prendre au sérieux ». Le lapin Vert envisage de faire des apparitions tout au long de la campagne présidentielle, pour soutenir Dominique Voynet. Il participera à la manifestation anti-EPR à Rennes, le 17mars. Quant aux législatives, il a déjà prévu de faire la « tournée planétaire des marchés », pour défendre la candidature d’Éliane Leclerc et de Pierrick Morin (encore lui), candidats de la 5e circonscription d’Ille-et-Vilaine. Pierrick Morin et Grüny sont décidément inséparables. On dirait même que le lapin l’a dans la peau.

Hélène FILY.

Blog de Grüny : http://levif.free.fr/gruny/gruny0.htm

 

Publié dans Ouest-France en février 2007.

Des eaux usées arrosent les greens

En période de sécheresse, les golfs sont montrés du doigt pour leur forte consommation d’eau. Le Dinard Golf de Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine) prend ce cliché à contre-pied en utilisant les eaux de la station d’épuration de la ville pour arroser son gazon. Une singularité parmi les golfs de France.

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