A portraits tirés
Souriez…vous êtes visésArchive pour Textes
Elle est…
…Douce comme une larme de froid
Fraîche comme la rosée du matin
Vivante comme le marché du soir
Belle comme un crépuscule sans fin
Elle court avec lenteur, joue avec le temps
Elle crie, s’agite,
Déborde tant;
Sans pour cela perdre sa joie
De ses entrailles ne mentant pas
Du plus profond d’entre elles,
Crachant bonheurs, chagrins et peines
Bleue comme son toit qui la protège
Rouge comme son coeur d’enfant bohème
Verte comme sa vie faite d’anathèmes
Noire comme une nuit sans florilèges,
Ma ville est une palette d’odeurs et de couleurs
Qui de son trait dessine
Mes jours, mes nuits. Toujours.
Bref voyage en bus
Frein à main, clignotant, un vrombissement familier et la carcasse s’ébranle. Les chewing-gums collés sous les sièges témoignent d’un passage régulier. Premier arrêt et déjà la foule de voyageurs s’engouffre dans les marches. Un sourire furtif au conducteur au moment de présenter son titre de transport et chacun s’installe à sa place. Au fil des arrêts, les places assises se font chères. Le chauffeur s’enfile et se faufile dans le trafic tandis que la chaleur devient moite et que les corps las s’entassent jusqu’à ne plus former qu’un amas aussi anonyme que familier. Un jeune cadre se cramponne à la barre, sa voiture est au garage. Assise, une femme revient d’une échographie et sourit à la pensée de son futur petit garçon. Quant à la jeune fille avec des béquilles et à l’équilibre fragile, elle semble regretter d’avoir cédé sa place à cette mamie revenant des commissions. Instants de vies, croisés et inconscients ; l’heure de pointe dans le bus, un refrain quotidien des transports en commun.




